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Saut d’obstacles : Gilles Thomas remporte le Grand Prix Coupe du monde de Malines

À Malines, devant son public et avec la jeune mais prometteuse Qalista DN, le Belge Gilles Thomas a remporté le dernier Grand Prix Coupe du monde de l’année. Il devance le Suédois Marcus Westergren, sur Airco de l’Esprit Z, et l’Allemand Patrick Stühlmeyer, associé à Baloutaire PS, dans un barrage où personne n’a laissé toutes les barres sur les taquets. Le meilleur Français, Julien Epaillard, termine sixième avec Donatello d’Auge.

C’est par un Grand Prix qu’on peut qualifier de corsé que c’est terminé l’année 2025 de saut d’obstacles. À Malines, après le dressage hier, ce mardi après-midi a laissé la piste à quarante couples de saut d’obstacles qui ont joué une étape du circuit Coupe du monde. Avec cinq abandons et treize parcours entachés de plus de 8 points, il fallait être sacrément agile pour se jouer des difficultés du parcours, et notamment du triple placé en avant-dernier obstacle et dont la moindre touchette s’est avéré fatale.

C’est d’ailleurs ici que les portes du barrage se sont refermées pour Julien Epaillard et Donatello d’Auge. Malgré tout, le couple signe un nouveau classement en Coupe du monde puisqu’avec le parcours à 4 points le plus rapide, il s’offre une belle sixième place. Les deux autres Tricolores engagés sur cette étape ont quant à eux été moins chanceux. Julien Anquetin écope de 8 points sur Beau de Laubry Z tandis qu’il a fallu compter trois barres à terre pour Olivier Robert et Iglesias D.V.

Aucun double sans-faute

Ils n’ont finalement été que cinq à revenir sur la piste pour prendre part au barrage. Premier qualifié pour cet ultime affrontement de l’année, le n°236 mondial et outsider Marcus Westergren s’est montré le premier étonné de son exploit. En selle sur Airco de l’Esprit Z, il est donc également l’ouvreur de ce barrage et sort de piste avec 4 points. Le chronomètre semble rapide, avec ses 42.34 secondes, mais avec quatre autres candidats à la victoire, le podium lui a probablement semblé bien incertain. Et pourtant c’est bien sur la deuxième marche du podium que le Suédois a terminé avec son étalon gris de 11 ans.

Juste après lui, le Belge Gilles Thomas a fait son entrée. Certes, il s’est montré plus rapide avec ses 41.30 secondes, mais lui aussi n’a pu éviter une barre aux rênes de Qalista DN. En sortie de piste, le visage du n°5 mondial avait davantage de traits type « soupe la grimace » plutôt que de lueurs d’espoir de victoire, et pourtant… Allez savoir qui du destin, du talent ou de la chance était avec lui en cette fin d’après-midi, mais cela a parfaitement fonctionné. Après lui, aussi bien Patrick Stühlmeyer, finalement troisième avec Baloutaire PS, que Willem Greve, cinquième sur Grandorado TN N.O.P., ont à leur tour renversé une barre.

Ne restait plus alors qu’aux vainqueurs des Grands Prix de La Baule et Vérone cette année, Daniel Deusser et Otello de Guldenboom, de signer un parcours sans-faute pour l’emporter. Pour autant, c’était plus facile à dire qu’à faire. Malgré un barrage soigné, le couple allemand emporte avec lui le vertical d’entrée de double. Le chronomètre est sans appel et leurs 44.44 secondes les expédient au pied du podium.

« Ce que Qalista a fait cette année est incroyable »

Quelques minutes après sa victoire, au micro de la FEI, Gilles Thomas a semblé ne pas tout à fait réaliser sa victoire malgré 4 points. « J’étais déçu après mon barrage parce que j’avais fait tomber une barre. Mais heureusement, les gars derrière ont pris des risques et ont aussi fait des barres. J’avoue ne pas avoir regardé le tour de Daniel (Deusser, NDLR) puisque mon destin était entre ses mains. Il se trouve que le double était vraiment délicat et qu’il s’est fait avoir aussi », a souligné le vainqueur, qui a au passage qualifié de délicat ce Grand Prix Coupe du monde. « Il fallait vraiment tout mettre bout à bout pour réussir. On ne pouvait pas se permettre la moindre petite erreur. »

Le Belge n’a également pas manqué de mettre en avant sa jument de 9 ans, qui courrait là son premier Grand Prix Coupe du monde. « Ce qu’elle a fait cette année est incroyable. C’est sa première Coupe du monde et elle la gagne. Elle a aussi fait une super année sur le Global Champions Tour. C’est une année charnière pour elle et elle l’a brillamment réussie. J’espère que son avenir sera aussi brillant. À moi de faire en sorte de la garder en bonne santé, en bonne forme, et on verra ce que l’avenir nous réserve. »

Gilles Thomas, l’homme de l’année ?

L’année 2025 ne pouvait pas mieux terminer pour le cavalier de 27 ans, qui a enchainé les succès ces douze derniers mois. Rappelons qu’il a décroché l’été dernier deux médailles aux championnats d’Europe de La Corogne : l’or par équipes et le bronze individuel avec Ermitage Kalone. C’est également avec lui qu’il a remporté le Grand Prix du Longines Paris Eiffel Jumping. Une victoire qui, ajoutée aux autres excellents résultats sur le Global Champions Tour, lui a permis de terminer en tête du circuit et de devenir le plus jeune à réaliser cet exploit. Il y a quelques semaines, il s’est aussi offert le Grand Prix du CSI 4* de Stockholm avec Chuck Marienshof Z et a participé à son tout premier Rolex Top Ten IJRC au CHI de Genève.

Cette année, Gilles Thomas a assurément fait partie des meilleurs cavaliers du monde dans sa discipline. À bien y réfléchir, il pourrait rivaliser avec Scott Brash et Kent Farrington au titre du cavalier ayant le plus marqué 2025.

Source : chevalmag.com